« Dans les yeux d’Axel » : une plongée en apnée d’émotions et de sensations dans la réalité du harcèlement scolaire.

« Immersion », nom féminin. Le fait de plonger, de se retrouver dans un milieu étranger – ou pas – sans contact direct avec son milieu d’origine (Dictionnaire Le Petit Robert).


Par un subtil jeu d’écriture et une mise en scène collective originale, l’autrice, Lorena Benichou, ancienne victime de harcèlement et enseignante, nous plonge d’entrée et jusqu’à la fin du spectacle dans les yeux de chacun des autres protagonistes de la pièce : collégiens – filles et garçons -, professeurs, membres de l’équipe éducative.

Nous spectateurs ne sommes pas en reste de cette catharsis théâtrale offerte à vif dans le tragique des situations évoquées qui se succèdent, entre moments de classe et monologues intérieurs délivrés dans une forme d’intimité brute, dont on mesure les conséquences émotionnelles pour ces enfants : peur, isolement, colère, révolte, silence, indifférence, inconscience… Sans parti-pris, sans jugement ni manichéisme entre « méchants harceleur-ses » et « bonnes victimes harcelé-es ». Des souffrances partagées pour des enfants en devenir qui se cherchent. Des responsabilités pour chacune et chacun. Dont les adultes. Toutes et tous citoyen.nes. 

Vraiment ?

représentation et débat au collège Charlemagne de Paris

Car, fort justement, si le sujet nous concerne, nous sommes ici aussi des spect-acteurs. Parties prenantes des enjeux dramatiques, « Dans les yeux d’Axel » s’inspire de la méthode éprouvée du « Théâtre de l’Opprimé » d’Augusto Boal : Le théâtre ici joue pleinement sa fonction dans le sens le plus archaïque du mot. Tous les êtres humains sont des acteurs (ils agissent) et des spectateurs (ils observent).

Sur les terres de la nation arc-en-ciel, en 2002, l’ancien Président Chirac avait lancé, dans une sorte de prémonition politique, hélas confirmée, sur les dangers du climat pour notre planète : « Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas… ». Tous les climats sont liés si l’on veut bien admettre la nécessité d’une approche holistique pour comprendre et agir. Ici, c’est de climat scolaire dont il est question. Oui, « notre maison » éducative « brûle et nous regardons ailleurs »…

Nous le savons et nous avons le pouvoir d’agir. Pour prévenir. Pour protéger tous nos enfants. « Dans les yeux d’Axel » et dans chacun de nos regards. Ici et maintenant.

C’est ainsi que L’Onde Bleue, au regard de ses missions dont le projet Alabelecole s’est bien naturellement emparée de la proposition d’accompagnement, en complément de l’association Athenaïs, de ce projet théâtral et éducatif de la Compagnie de L’Autre Langue et vous invite et convie à le voir, le partager, à le soutenir. Les diagnostics sont enfin partagés sur des réalités laissées trop longtemps dans le silence et l’indifférence. Et si nous passions à l’action ? Ensemble.

Dans les yeux d’Axel est à l’affiche au Théâtre de Nesle jusqu’au 29 avril les mardis à 19h30

Emmanuel de Montval

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