
Ce spectacle Blanc de Blanc, un seul en scène de Shu Okuno, vu au Centre franco-japonais , Espace Bertin Poirée, est une véritable bulle poétique. Après une résidence artistique et avant de partir pour le représenter au festival Off d’Avignon , le poète du corps, comme on le nomme, restitue ses recherches approfondies autour de son thème esthétique Blanc de Blanc.
L’histoire conte les morceaux de vie d’un tisseur et de ses rêves d’une autre existence… ou peut-être sont -ce des souvenirs ? Tour à tour rêveur, pianiste -compositeur , en quête de sens et d’amour, d’un foyer, les tableaux se succèdent tissant les fils de la jeunesse à la vieillesse. Shu Okuno, disciple du célèbre artiste Marcel Marceau, explore le langage du corps par le mime, le gestus, en une danse silencieuse et théâtralisée.
Dans notre société bavarde et violente où le virtuel devient de plus en plus invasif dans nos quotidiens, le spectacle onirique et le voyage des sens proposés par Shu Okuno nous emportent…

Blanc de Blanc , une création de la Cie Ôbungessha, est une vraie respiration, un souffle onirique nous invitant à une promenade intérieure et initiatique.
Le public toute génération confondue se laisse transporter jusqu’au dernier tableau où l’artiste en une belle humilité lui propose de venir lui parler de son ressenti, des questions portant sur certaines scènes abstraites de sa création, afin de les rendre plus lisibles. Nul besoin selon nous. Ce langage avec sa force poétique nous capte , nous cherche dans les recoins de nos consciences envahies par tant d’informations inutiles. Ce spectacle convie notre âme d’enfant , il y a par ailleurs des enfants fascinés aussi parmi les spectateurs . Il nous invite à nous élever au dessus des préoccupations de notre monde moderne.
L’écriture et la mise en espace sont très soignées, la scénographie est lumineuse, minutieuse et recherchée. L’ensemble est porté par des interventions musicales harmonieuses. Comme lovés dans ce cocon , à la fin de la représentation, les spectateurs que nous sommes avons bien du mal à retrouver soudain le bruit et la lumière …

Et lorsque sonne le final, munis de nos portables, nous cherchons à en garder un souvenir en image. Cette pièce d’une grande beauté onirique et spectacle tout public est à l’affiche au Théâtre Golovine du 5 au 25 juillet au festival Off d’Avignon .
Safia Bouadan
Distribution artistique
Mise en scène, chorégraphie, interprétation : Shu OKUNO
Musique : Jordane TUMARINSON
Scénographie : Nanako ISHIZUKA
Lumière : Marika NAKASA (KUKAN-KIKAKU)
Costumes : Michiko KONO
Création de chapeaux : Yuki DEMURE
Œil extérieur : Thibaut BOIDIN
Design visuel : Chiho ICHIKAWA
Photographie : portraits Mai TOYAMA
Photographie : scène en théâtre Ayaka TOMOKANE
Vidéo : Kô ODA
Régie plateau : Laurent FORGUES
Traduction japonais-français : Loïc BOCENNO-GUENNEC
Communication : Drama Queen
Teaser
Qui est Shu Okuno ?
En plus de ses activités en solo, il travaille également comme metteur en scène et chorégraphe sur scène et à la télévision en France et à l’étranger. En collaboration avec l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM) en France, il a réalisé des mises en scène, des chorégraphies et des performances dans divers pays, dont la France, Israël, l’Espagne, l’Allemagne, l’Ukraine, la Croatie et Taiwan. Il a été finaliste du concours Danse Elargie du Théâtre de la Ville à Paris et a remporté le prix spécial du jury lors d’un festival international d’art numérique, Les bains numériques.
Ces dernières années, naviguant entre France et Japon, il a élargi ses activités avec divers autres projets. Son engagement artistique ne se limite pas au théâtre, et ses interprétations novatrices du mime reçoivent des éloges non seulement en France, mais aussi dans toute l’Europe, en raison de sa profonde compréhension de cet art.
Source issu du site de la compagnie Ôbungessha
