« Double-fracture » : immense coup de coeur pour cette pièce pleine de sensibilité et d’humour.

Un bel éventail d’émotions attend les spectateurs qui iront voir « Double-Fracture ». Dans la salle voûtée du Théâtre de l’Essaïon, on s’esclaffe, on soupire et on a une poussière dans l’oeil lorsque la voix profonde de Jean-Baptiste Darosey s’élève pour chanter.  C’est un seul-en-scène très peuplé puisque l’acteur incarne à lui seul une dizaine de personnages très… folkloriques ! 

Jean-Baptiste Darosay est aussi co-auteur de ce spectacle largement inspiré de son expérience personnelle. C’est sûrement pour cela que son interprétation de la ruralité est si tendre et drôle. Stéphanie Gagneux co-signe la pièce et en assure la mise en scène. À eux deux, ils parviennent à faire oublier au public qu’il n’y a qu’un acteur sur scène. Les lumières de Mathilde Monier les accompagnent avec poésie et malice.

C’est donc l’histoire d’un jeune Franc-Comtois qui monte à la capitale pour réaliser son rêve : devenir acteur de comédie musicale. Mais ce n’est pas Jean-Bastien in Paris, c’est bien plus intéressant que ça : alors qu’une double fracture lui rappelle l’été de ses 14 ans, on découvre comment et pourquoi il en est arrivé là. Issu d’une famille d’agriculteurs, dernier d’une fratrie de sept sœurs, en décalage avec les garçons de son âge qui aiment le football, Jean-Bastien préfère la « Barbie » de la voisine. Son refuge, c’est sa mère et les films et comédies musicales qu’ils dévorent ensemble. Alors, depuis qu’elle est partie, depuis ce fameux été d’adolescence, il doit fredonner seul les chansons qu’elle adorait. Jean-Bastien est maintenant adulte et revisite avec nous des scènes de son enfance ainsi que ses tentatives, plus récentes, de communiquer avec ses proches restés en Haute-Saône. 

Une bonne dose de l’Amour est dans le pré, un soupçon de La Boum, le tout parsemé de Huit femmes…  Une recette étonnante mais qui fonctionne à merveille. Le texte est si personnel qu’il devient universel. Un père taiseux, une belle-mère pleine de bonne volonté, une sœur désinvolte, une solitude dévorante… Chacun y trouvera un personnage ou une situation qui fera écho à sa propre vie.  Et c’est là toute la force du spectacle : réussir a nous faire rire de situations profondément intimes, avant de nous cueillir, quelques instants plus tard, avec une émotion sincère. 

À vos agendas ! Vous avez jusqu’au 30 mars 2027 pour aller voir « Double-Fracture » au Théâtre de l’Essaïon tous les lundis et mardis à 20h50. Réservez vos billets.

-Léa Quenec’hdu

Lieu : Théâtre de l’Essaïon à Paris
Durée : 1h20

Distribution artistique : 

Auteurs : Jean-Baptiste Darosey et Stéphanie Gagneux
Mise en scène : Stéphanie Gagneux
Musique : Simon Gallant
Lumières : Mathilde Monier
Avec Jean-Baptiste Darosey 
Production : Laure Jacquinet, SG Productions, Céline Buet, Hervé Devolder et TOURTE: 

Photos : © Stephane Parphot

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